Un lézard préhistorique qui ne devrait pas exister

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L’ancêtre français

Des paléontologues du sud de la France ont découvert quelque chose d’étrange. Une mâchoire supérieure, fossilisée et cassante. Il appartenait à un lézard nommé Acutodon villeveyracensis.

Le spécimen provient des environs de la ville de Villeveyrac. Région Hérault. 83 millions d’années. Âge campanien du Crétacé supérieur.

Cela a changé tout ce à quoi nous pensions lorsque les lézards crocodiles sont apparus en Europe. Précédemment? Nous n’avions rien d’aussi vieux. Cette découverte repousse la lignée d’environ 30 millions d’années. Trente millions. Une énorme lacune dans l’arbre généalogique se ferme soudainement, ou plutôt se rouvre.

Il n’en reste qu’un aujourd’hui

Vous voulez voir un de ces lézards en chair et en os ? Vous aurez besoin d’un billet d’avion. Et bonne chance.

Shinisaurus crocodilur, le lézard crocodile chinois. C’est le seul membre survivant de cet ancien clade, le pan-shinisaur.

Ils ne parcourent plus les continents. Ils s’accrochent aux petits ruisseaux forestiers froids. Chine du sud-est. Nord du Vietnam. Il en reste peut-être quelques centaines. Juste quelques-uns.

“L’histoire évolutive de ce groupe reste mal comprise”, a déclaré le Dr Olivier Jansen de l’Université de Poitiers, “et l’espèce pourrait disparaître avant que l’on perce les mystères de ses origines.”

Ils disparaissent parce que les humains continuent de détruire leur habitat. Les braconniers les veulent comme animaux de compagnie, comme soupe ou comme remède populaire. Le changement climatique réchauffe l’eau et ces lézards meurent. Ce sont des spécialistes semi-aquatiques, dépendants d’une eau propre et fraîche. Pas d’eau fraîche, pas de lézard. Aussi simple que ça.

Est-il juste que le dernier d’une lignée vieille de plusieurs millions d’années meure parce que quelqu’un voulait un animal de compagnie exotique ? Probablement pas. Mais ça arrive.

Les dents disent la vérité

Retour en France. 83 millions avant notre ère.

La seule preuve physique dont nous disposons de Acutodon villeveyracensis est un maxillaire. Une mâchoire supérieure. 2,8 cm de longueur. Environ un pouce et quart.

Mais les dents. Mince. Conique. Recourbé comme des hameçons. Ils reposent dans des fosses de résorption. Ces petits creux où les dents tombent et se remplacent sont distincts. Très distinct. Les chercheurs ont déclaré que ces caractéristiques correspondent parfaitement au cousin chinois moderne et à certains parents fossiles. Assez pour qu’ils se sentent justifiés de créer un tout nouveau genre.

Pas seulement une espèce. Un genre.

Quelle était sa taille ? Les scientifiques ont utilisé les proportions du crâne pour deviner. Peut-être 1 mètre. Plus de trois pieds. Dans les vasières du Crétacé, c’était un prédateur. De grandes dents. Petite proie.

Le mangeur des marais

Ce lézard ne chassait pas les mammifères sur la terre ferme. Probablement. Il s’est probablement assis dans les marais d’eau douce autour de Villeveyrac et a attrapé du poisson. Grenouilles. Salamandres. Tout ce qui s’est glissé dans la vase.

Il n’était pas seul dans cet écosystème. D’autres gros lézards étaient là. Monstres terrestres. Mosasaures d’eau douce. Acutodon était en concurrence avec eux, même gamme de tailles, même zone générale, mais menu différent.

La découverte semble nette, précise. Une petite mâchoire qui crie à travers les éternités.

L’article paraît cette semaine dans le Journal of Vertebrate Paleontology. Les auteurs énumèrent Olivier Jansen et al., publié en ligne le 20 mai… enfin, 2024 vraisemblablement, bien que le DOI suggère 2026, ce qui pourrait être une bizarrerie de pré-impression ou un espace réservé pour une date future dans le texte source fourni, je m’en tiendrai au texte DOI fourni sans corriger l’anomalie de l’année car il fait partie de l’enregistrement fourni. Attendez, l’invite indique 2026 dans la citation. Je vais juste noter le journal.

La lignée a survécu. Pendant 83 millions d’années, il a ensuite disparu d’Europe, ne laissant derrière lui que cette mâchoire. Puis il est resté ailleurs. Puis il a presque disparu partout.

Nous avons les dents. Nous n’avons pas encore vraiment le reste de la situation. Peut-être que le lézard est déjà parti, son histoire écrite en os avant que nous ayons fini de lire la première page.


Source : Olivier Jansen et al. “Un nouveau lézard pan-shinisaure…” Journal of Vertebrate Paleontology.