La NASA veut traverser Encelade sur une seule jambe

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Sautez. C’est peut-être la meilleure façon d’explorer la lune de Saturne.

La NASA étudie un robot unijambiste pour sonder les geysers glacés d’Encelade. Nous ne parlons pas de rouler lentement sur la poussière. Nous voulons dire sauter. Échantillonner les panaches océaniques cachés qui pourraient abriter la vie.

Le concept s’appelle LEAP — Legged Exploration Across the Plain.

Imaginez quelque chose de la taille d’un grille-pain. Environ un pied de haut. Deux livres de lourd. Aucune trace de rover. Il utilise une jambe à ressort et des « roues de réaction » qui tournent à l’intérieur de son châssis pour s’équilibrer et se lancer. Il se renverse. Ça saute.

Financé par le programme Innovative Advanced Concepts de la NASA. Il est construit sur un vrai prototype appelé SALTO.

Cela ressemble à un bâton sauteur. Ou peut-être cette lampe Pixar qui se plie et bouge. La science ? Inspiré par les écureuils. Oui, de vrais écureuils. Les chercheurs les ont observés se déplacer avec des caméras à haute vitesse. A publié les données dans Science Robotics l’année dernière. Mignon? Bien sûr. Fonctionnel? Encore mieux.

Le problème de conduire là-bas

Encelade est le point le plus chaud de la chasse à la vie extraterrestre. Il y a un océan mondial sous cette croûte de glace. Au pôle sud, des fractures appelées « rayures tigrées » projettent de l’eau dans l’espace.

Cela donne aux scientifiques un ticket en or.

Nous pouvons échantillonner l’océan sans parcourir des kilomètres d’enfer gelé. On attend juste que ça éclabousse.

Mais se rapprocher est compliqué.

Le sol autour de ces jets est brisé. Crêtes abruptes. Champs de glace poudreuse. Des déchets robustes. Un rover traditionnel aurait du mal. Peut-être rester coincé. Peut-être se retourner.

Et si on volait ?

Pas vraiment une option non plus. Encelade n’a pas d’atmosphère. Les fusées sont trop salissantes : elles risquent de contaminer les échantillons que nous essayons d’analyser. Justin Yim de l’Université de l’Illinois l’a clairement exprimé lors d’un symposium : le saut d’obstacles est ici particulièrement prometteur.

La physique du houblon

La gravité sur Encelade est faible. Genre, à peine là, faible. Un quatre-vingtième de ce que nous ressentons sur Terre.

Un petit coup de pouce suffit.

Les estimations placent un seul saut LEAP à environ 560 pieds. Cela fait presque deux terrains de football. Il s’élèvera à 300 pieds dans le ciel noir.

Et parce que la gravité est si faible ? Le saut semble lent.

Comme une minute.

Ce temps d’antenne est le point. Le robot flotte à travers le panache. Quelques secondes à l’intérieur du spray glacé pendant que les instruments recherchent la composition et les données.

Plus de jambes ?

Non. L’un est idéal. Concentre le pouvoir. Simplifie la conception. Les roues gèrent très bien les parties assises et debout. La jambe gère la verticalité. Deux roues plus une jambe équivalent à trois points de contact. Assez stable pour être réinitialisé. Assez instable pour être bizarre.

La dure et froide vérité

LEAP atterrit probablement depuis un Orbilander. Un gros vaisseau spatial qui orbite puis atterrit. La petite trémie se déploie et rebondit entre les évents.

Mais voici le problème.

Encelade est à moins 330 degrés Fahrenheit.

Notre équipement se brise à des températures comme celle-là. Nous n’avons pas de conditions de laboratoire qui correspondent exactement à la glace d’Encelade. Les particules sont différentes. Le froid est extrême.

La majeure partie de cette mission doit se dérouler en simulation pour le moment. Les ingénieurs doivent prouver que le pied fonctionne sur de la glace étrange avant de construire la chose pour de vrai.

Ce robot pogo-stick atteint-il un jour les rayures du tigre ? Toujours en l’air.

Peut-être que nous devons d’abord apprendre à sauter.