La détection d’hélium prouve que l’exoplanète rocheuse LHS 1140 b détient une atmosphère

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Pendant des années, les astronomes savaient que ces mondes existaient. Rocheux. Zone habitable. La bonne température.

Mais c’étaient des fantômes. Silencieux. Sans particularité. Nous ne savions pas s’ils avaient de l’air.

Cela a changé.

Une légère traînée d’hélium qui s’échappe nous a finalement donné une preuve tangible. LHS 1140 b, une planète située à environ 48 années-lumière, possède une atmosphère. Ce n’est pas seulement un rocher flottant dans le noir. Il tient à sa peau.

“C’est la première fois que quelqu’un découvre une atmosphère autour d’une planète rocheuse dans la zone habitable.” — Collin Chérubins

Comment la fuite d’hélium révèle l’atmosphère d’une exoplanète

Voici la partie délicate. Détecter l’atmosphère elle-même est presque impossible avec les outils actuels. La planète est trop petite. L’étoile est trop brillante. Le signal ? Enterré dans le bruit.

Mais les planètes fuient.

Pendant des milliards d’années, les éléments légers échappent à la gravité. L’hélium monte. Il dérive dans l’espace. Il crée une signature détectable devant la planète lorsqu’elle traverse son étoile.

Collin Cherubim, auteur principal de l’étude publiée dans Science, a construit un modèle pour cela. Il a prédit que LHS 1140 b devrait avoir une queue à l’hélium. Un faible. Mais là.

Il n’était pas le seul à penser que c’était peut-être trop beau pour être vrai.

David Charbonneau, conseiller de Chérubins à Harvard, a d’abord douté de ce projet. Pourquoi? Parce que le signal venait des mathématiques, pas de l’observation. Personne n’avait jamais vu une planète rocheuse faire cela auparavant.

Les données l’ont fait changer d’avis.

Pourquoi LHS 1140 b est différente des autres exoplanètes

LHS 1140 b orbite autour d’une naine rouge. Il se situe carrément dans la zone habitable – la région de Boucle d’or où de l’eau liquide pourrait exister.

Des milliers d’exoplanètes sont désormais connues. Plusieurs sont rocheux. Plusieurs sont en zone habitable.

Alors, qu’est-ce qui rend celui-ci spécial ?

Rétention.

La plupart des modèles suggèrent que les planètes rocheuses perdent rapidement leur atmosphère à cause des vents et des radiations stellaires. LHS 1140 a conservé son air pendant plus de trois milliards d’années. C’est la stabilité. C’est du potentiel.

Robin Wordsworth, professeur à Harvard, met les choses en perspective :

“Il y a vingt ans, on se demandait si les planètes telluriques existaient. Puis nous les avons trouvées. Aujourd’hui, nous savons qu’elles gardent des atmosphères.”

Les télescopes au sol disposent d’un nouvel outil pour trouver des mondes semblables à la Terre

La détection n’a pas été faite par Hubble. Pas par James Webb.

Cela a été fait depuis la Terre.

L’équipe a utilisé le spectrographe Warm Infrared Echelle (WINERED). Monté sur le télescope Magellan Clay de l’Observatoire de Las Campanas au Chili.

Le timing était primordial.

Cette nuit-là, LHS 1140 b a croisé son étoile. Une autre planète aussi.

On ne montrait rien. Aucun signal.

L’autre montrait de l’hélium.

Le contraste rend les données « statistiquement solides comme le roc », a noté Charbonneau.

Cela change la donne pour l’astronomie au sol. Nous n’avons pas toujours besoin de télescopes spatiaux pour trouver les conditions préalables à la vie. Nous pouvons chercher ce qui échappe.

Quel avenir pour la recherche sur les exoplanètes rocheuses ?

Trouver de l’hélium n’est pas la ligne d’arrivée. C’est le début.

Les Chérubins veulent savoir ce qu’il y a dans cette atmosphère. Juste de l’hélium ? Ou de l’azote ? De la vapeur d’eau ? La composition chimique raconte la véritable histoire de l’habitabilité.

LHS 1140 a-t-il des océans ? Nous ne le savons pas encore.

Le modèle est désormais validé. La méthode fonctionne. La prochaine étape consiste à l’appliquer à d’autres candidats.

C’est un petit pas pour un télescope au Chili. Un pas de géant pour confirmer des mondes semblables à la Terre.

Nous ne devinons plus.

Référence : Cherubim et al., « Hélium s’échappant de l’atmosphère de LHS 114.0 b », Science (2024). DOI : 10.1121/science.abe9708